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9 mars 2010 | Côte d’Ivoire

A l’entraînement avec les Eléphants
Halilhodzic et la « situation politique »
Vahid Halilhodzic, démis de ses fonctions de sélectionneur de la Côte d’Ivoire il y a dix jours, a l’impression d’avoir été sacrifié sur l’autel d’intérêts politiques qui le dépassaient. « On était partis à la CAN pour la gagner, et les politiques ont commencé à mettre la pression, a-t-il raconté lundi soir sur L’Equipe TV. C’était le message du président. Il fallait absolument gagner. Je ne sais pas tellement bien pourquoi (on m’a limogé), mais il fallait sacrifier quelqu’un. On n’allait pas sacrifier les joueurs, on n’allait pas sacrifier les dirigeants. Il reste l’entraîneur. Je ne sais pas s’il y a d’autres cas dans l’histoire du football de sélectionneur limogé après sa première défaite. »

Celle-ci est intervenue en quart de finale contre l’Algérie (2-3 a.p.), alors que les Eléphants menaient 2-1 dans le temps additionnel. « Jusqu’à ce moment-là, j’étais le meilleur sélectionneur de l’histoire de la Côte d’Ivoire, nous a confié Halilhodzic après son passage dans l’émission L’Equipe du soir. Huit minutes ont tout changé. Mais je savais parfaitement que ça pouvait se passer comme ça quand j’ai accepté la mission. »

« Ce ce qui se passe en Côte d’Ivoire à peu près la même chose qu’en ex-Yougoslavie. Je ne peux pas entrer dans les détails. »

« La situation politique est très compliquée, en Côte d’Ivoire, nous a aussi expliqué l’ex-entraîneur de Lille et du PSG. Il fallait calmer la population. Vous n’imaginez pas quel rôle cette équipe a dans la société ivoirienne ». « Peut-être le dernier facteur d’unité ? », lui suggère-t-on. « C’est ça... ». Plus tôt dans la conversation, il avait glissé : « Je savais qu’il y avait des problèmes anciens, de capitanat, etc. Voyez vous, ce ce qui se passe en Côte d’Ivoire à peu près la même chose qu’en ex-Yougoslavie. Je ne peux pas entrer dans les détails. Malheureusement, c’est la vérité. Cette génération avec beaucoup de talent n’a jamais rien gagné. »

Le Bosniaque ajoute que l’attentat dont a été victime le Togo à Cabinda a déplacé les préoccupations de ses joueurs pendant la CAN. « Cela a beaucoup touché l’équipe. Certains ne dormaient plus. D’autres ne mangeaient plus. C’était la confusion. » Vahid Halilhodzic se décrit comme « dégoûté » par cet épisode, et pas forcément prêt à replonger tout de suite. « J’ai déjà reçu pas mal de propositions, mais cette éviction m’a touché. Pendant ma mission, un club anglais (NDLR : Portsmouth) m’a proposé un contrat de trois ans avec un contrat incomparable. J’étais le seul sélectionneur à être allé sur place en Angola vérifier les installations, les terrains, l’hébergement... Que voulez-vous ? »

Source : L’Equipe