
Quand la prostate devient de plus en plus grosse !
L’hypertrophie de la prostate d’abord microscopique va progressivement devenir macroscopique c’est-à-dire palpable au toucher rectal. La taille de l’hypertrophie bénigne de la prostate augmente régulièrement au fil du temps et peut doubler de volume sur une dizaine d’années. Il est de noter qu’il important de noter qu’il n’y a pas de lien direct entre la taille de la prostate et la présence voir l’intensité des troubles urinaires. En d’autres termes ce n’est pas parce que votre prostate que vous aurez forcément un jour des problèmes pour uriner.
Quels sont les symptômes qui accompagnent l’hypertrophie de la prostate ?
Bon nombre d’HBP ne s’accompagne d’aucun symptôme. On peut avoir une prostate légèrement augmentée de volume, d’environ 20 à 30 grammes, avec des troubles intenses et invalidantes et à l’inverse une très grosse prostate d’environ 300 grammes avec des troubles minimes.
Les troubles les plus récurrents sont :
• Une difficulté pour uriner, le malade est obligé de pousser
• Des mictions fréquentes d’abord nocturnes (dues à l’hypertrophie de la partie crâniale qui aplatit l’urètre et gène l’évacuation de l’urine) puis à la fois diurnes et nocturnes.
• Un jet faible accompagné parfois de douleurs
• Des signes obstructifs : qui se manifestent par une dysurie (jet faible et lent, démarrage lent de la miction et fin difficile avec goutte retardataire.
Comment évoluent les troubles urinaires ?
Les symptômes fluctuent avec des périodes d’aggravation ou d’amélioration spontanée ; mais globalement, les troubles tendent à s’aggraver le plus souvent avec les années. Les troubles mictionnels varient avec l’alimentation, les boissons, l’activité physique et les saisons.
L’hypertrophie bénigne de la prostate n’est vraiment pas une maladie !
L’adénome prostatique est une conséquence de l’âge. Tant que la prostate, même grosse, reste de consistance souple, l’HBP ne nécessite qu’une simple surveillance. Un bilan sera proposé tous les deux ans entre 50 et 60 ans. Ces examens permettent de suivre l’évolution de l’adénome et de détecter l’apparition insidieuse de complications. Ils permettent aussi de dépister un cancer prostatique débutant. Cette surveillance pourra aussi être conseillée à des hommes dont les symptômes sont légers et sans répercussion particulière sur la vie sociale. Dans cette situation, on peut très bien simplement « faire avec » en respectant quelques règles d’hygiène de vie. Cela ne constitue pas un traitement en soi ; il s’agit simplement de vivre en harmonie avec ses petits troubles urinaires.
Quels sont les facteurs de risque de l’HBP ?
A) Les vertus de la frugalité : C’est en suivant le régime alimentaire de plusieurs milliers d’hommes pendant des années que les chercheurs peuvent identifier les régimes qui favorisent ou à l’inverse protègent de certaines maladies. Plusieurs études prospectives de ce type ont montré que les hommes qui ont les apports caloriques les plus élevés souffrent plus fréquemment de troubles bénins de la prostate que les « petits mangeurs ». La dernière en date, publiée en avril 2002 par l’équipe du Pr Walter Willett (université Harvard, Boston, Massachusetts), a suivi pendant 8 ans 33.344 hommes américains âgés de 40 à 75 ans. Les hommes qui mangent en moyenne l’équivalent de 2700 calories ont 30% de risque en plus de souffrir d’hypertrophie bénigne de la prostate que ceux qui ne consomment qu’environ 1200 calories par jour. Mais attention, l’alcool n’est pas comptabilisé ! Le risque de voir apparaître les troubles urinaires liés à des dysfonctionnements de la prostate est lui augmenté de 43% chez les gros mangeurs. Certains aliments majorent-ils le risque d’HBP ? Les résultats disponibles aujourd’hui ne permettent pas de trancher.
B) Les hommes à ventre proéminent : Dans une étude publiée dans l’Américan journal of Epidemiology, des chercheurs de l’université Harvard ont montré que les hommes qui ont un ventre proéminent ont plus de risque de souffrir de troubles de la prostate que les autres. Entre 1987 et 1992, ils ont suivi 25.892 hommes âgés de 40 à 75 ans. Après les avoir pesés et mesurés (taille et surtout tour de taille), les résultats montrent que la graisse abdominale représente un véritable facteur de risque. Les hommes qui ont un tour de taille supérieur à 109 cm ont près de deux fois et demi plus de risque de souffrir d’hypertrophie bénigne de la prostate que ceux dont le tour de taille est inférieur à 89 cm. ( à suivre)
Serigne Samba Ndiaye : web : interro_liens_callback : Phytothérapeute
